Peter Kopp

| Questions personnelles | Questions professionnelles
 

Professeur ordinaire de l’UNIL
Service d'endocrinologie, diabétologie et métabolisme du CHUV

Questions personnelles

Petit(e), vous vouliez être…?
Nous habitions à la campagne et j’étais fasciné par la ferme, donc vétérinaire était le projet initial.

Votre livre de chevet?
Je suis un lecteur omnivore, je lis de tout. Mais j’aime particulièrement Primo Levi, ses réflexions sur le bien et le mal.

Le film qui vous accompagne?
Difficile de n’en citer qu’un! J’aime énormément le cinéma italien des années 50, 60, Fellini, Antonioni, Visconti…

Un ou une artiste qui vous inspire?
Spontanément, je pense aux sculptures d’Eduardo Chillida, à Picasso et à Flavio Shiro, un peintre très connu en Amérique du Sud, qui est aussi… mon beau-père.

La ville de vos rêves?
En vrac, Paris, Chicago (où j’ai vécu pendant 25 ans), j’aime les contrastes entre ancien et moderne de Tokyo, Séoul, le contraste entre ville et nature de Vancouver, le chaos de São Paulo…

Un lieu, un jardin secret où vous aimez vous ressourcer?
Mürren, dans l’Oberland bernois.

La fleur que vous aimez?
La fleur de l’abricotier.

Un animal-totem?
Le hibou.

Quel don souhaiteriez-vous posséder?
Peut-être une main plus développée pour le dessin, la sculpture…

Et si vous aviez un superpouvoir?
Nous vivons dans monde fractionné: avoir le pouvoir de supprimer ces tensions, ces séparations.

Vos héros/héroïnes dans l’Histoire?
Je reviens de Corée, où je viens de découvrir un personnage extraordinaire, ce qui influence cette réponse: Sejong le Grand, roi de Corée au XVe siècle ; c’était un roi «humaniste» qui a beaucoup fait pour intégrer le peuple, introduisant une écriture simplifiée, réformant les structures politiques, l’agriculture, le système de taxes et la position des femmes, entre autres. Très inspirant.

Et si vous étiez un personnage de fiction?
J’ai créé mes propres personnages de fiction, les Balibos, des petits lutins à chapeau rouge, que j’ai dessiné pour mes enfants, et que je dessine aujourd’hui pour mes petits-enfants!

Technophile, technophobe?
Un mélange des deux: je suis un grand usager des technologies, mais je suis également conscient que c’est à double tranchant. Il faut qu’il y ait une réflexion là-dessus, il faut canaliser les abus potentiels.

Vos 3 priorités aujourd’hui?
1. Ma famille.
2. Dans le domaine professionnel, que ce que je fasse ait du sens.
3. Le sens civique, la justice sociale sont pour moi des notions importantes. Je veux m’engager en ce sens.

Votre devise?
Je n’ai pas devise formalisée, mais voilà l’idée: aller vers ce qui est important, suivre ses priorités sans trop dévier.

Votre rêve de bonheur?
Je suis déjà assez comblé.

Comment aimeriez-vous mourir?
Je citerais les paroles d’une chanson brésilienne: «Je n’ai pas peur de la mort, mais j’ai peur de mourir». Je voudrais partir en dignité, pas à la suite d’une lente érosion.

Quelle forme de spiritualité vous inspire?
Je ne suis pas religieux, pas pratiquant, même si j’ai une bonne connaissance du christianisme et du judaïsme. Mais le contact de la nature, par exemple, suscite chez moi des interrogations, une réflexion d’ordre spirituel sur ce qui nous entoure, le sens et l’absence de sens dans le monde.

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Questions professionnelles

Un facteur, une rencontre qui a déterminé votre carrière?
J’ai hésité entre la médecine et la restauration d’art, du papier. Je me suis même inscrit en histoire et en linguistique avant de m’inscrire en médecine ; toutefois, en termes de sens, la médecine me paraissait plus satisfaisante. J’ai donc commencé médecine, mais la première année a été plutôt décevante - sauf en physique, où nous avions des professeurs passionnants, dont Johannes Geiss, qui avait participé à la mission Apollo 11 pour étudier les vents solaires. Le déclic est venu en deuxième année, avec la présentation de l’endocrinologie, qui m’a énormément plu.

Dans dix ans, vous vous verriez bien...?
Impossible de prédire le futur. Disons que j’aimerais être en bonne santé, accompagné par ma femme Noémi. Et continuer à faire des choses qui donnent du sens, et peut-être réaliser un rêve: avoir mes propres ruches, faire du miel!

Les 3 missions d’une Faculté de biologie et de médecine?
1. Remplir la mission clinique, asseoir la position du CHUV comme centre tertiaire pour la population vaudoise.
2. Former les futures générations de médecins, d’infirmières, de professionnels de la santé.
3. Faire une recherche de qualité, pointue: découvrir des choses nouvelles, certes, mais aussi réfléchir en profondeur sur ce que l’on fait.

En deux mots, pour vous, le CHUV/l’Université c’est…?
Ma nouvelle «maison» professionnelle, où je désire faire une différence pour les patients et les soignants en formation.

Entre recherche fondamentale et appliquée, où vous situez-vous?
Je suis un «clinician-scientist». Une position clairement «translationnelle», même si ce mot est utilisé un peu à tort et à travers.

Pour une recherche au service du patient/de la population ou plutôt de la connaissance?
Je pense qu’il ne faut pas trop restreindre. La recherche de base peut ouvrir de nouvelles portes. Si on se limite à une filière, on va tuer beaucoup de belles idées.

Comment définiriez-vous les défis actuels de la formation, de la transmission du savoir?
Nous sommes face à un savoir énorme, il faut donc faire les bons choix: qu’est-ce qui est essentiel?

Un outil essentiel pour assurer une relève de qualité?
Le mentoring: s’intéresser aux étudiants, aux médecins assistants, aux chefs de clinique, les orienter. Et pas seulement d’un point de vue top-down. Il est capital de savoir ce que les gens aiment faire, parce qu’ils seront plus efficaces, engagés dans ce cas.

Bien communiquer, c’est?
D’abord écouter, puis réfléchir, essayer de comprendre ce que l’autre pense, veut, et communiquer notre vision d’un sujet particulier sur cette base. Mais c’est un processus dialectique, un va-et-vient continu, qu’il faut accepter.

Dans votre domaine de compétences, un projet qui vous tient particulièrement à cœur?
Si je pouvais résoudre une seule question: comprendre comment l’iode, ou l’iodure, a un impact sur la transcription dans la cellule thyroïdienne.

Par Nicolas Berlie - Communication FBM
6 juin 2019

 

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© Eric Deroze, SAM

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