Ariella Machado, psychologue, Service d'addictologie des HUG

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Parcours de formation

J’ai obtenu en 2011 un Master en psychologie clinique et psychosociologie. Mon mémoire portait sur les mécanismes de défenses chez les patients dépressifs.
 

Avant d’entreprendre des études universitaires, souhaitant être autonome, j’ai occupé beaucoup de petits boulots et débuté un apprentissage d’employée de commerce. À la fin de la troisième année du CFC, j’ai pensé à me réorienter vers la psychologie, un choix que j’ai pu rapidement confirmer par les retours de mon entourage qui m’a encouragée à suivre cette voie. En effet, j’ai toujours été fascinée par le comportement des individus, surtout les comportements excentriques et inhabituels. Le roman «Lignes de faille» de Nancy Huston a été un élément clé dans ma réorientation. Celui-ci portait sur la psycho-généalogie et analysait la psychologie des personnages de l’histoire.

 

Ainsi, j’ai entrepris une passerelle en cours d’emploi (DUBS) pour entrer à l’Université de Lausanne. La première année académique ne fut pas facile, comme pour beaucoup d’étudiants. J’étais malgré tout rassurée, car j’avais déjà un CFC en poche, je connaissais plusieurs langues et je pouvais ainsi facilement retrouver un emploi si les études universitaires ne me convenaient pas. J’ai découvert le système de parrainage de l’université et j’ai ainsi rencontré une étudiante plus avancée dans la formation en psychologie, qui m’a fait rencontrer d’autres personnes de l’EPSYL. Ces rencontres furent très réconfortantes, car je me sentais moins seule face à cette grande épreuve qu’était la formation universitaire. J’ai créé de belles amitiés et je me suis engagée dans cette association en participant à différentes activités. De ce fait, j’ai pu avoir accès aux résumés de cours, qui furent très utiles pour réussir mes examens! J’ai tellement apprécié faire partie de cette association que je suis devenue co-présidente pendant 2 ans.

 

Ma mineure en sciences sociales a pris beaucoup de place dans mon cursus: j’ai apprécié la complémentarité des connaissances entre l’humain seul et l’humain en société.

Parcours professionnel

Ma première expérience professionnelle en psychologie a eu lieu dans le cadre d’un stage bénévole, que j’ai trouvé grâce à une amie qui connaissait une personne dans ce service. Il s’agissait du service d’addictologie à l’Hôpital de Jour Les Crêts (HUG). J’y travaillais un jour par semaine. J’ai rapidement co-animé un groupe sur la prévention de la rechute. Je n’avais à ce moment-là aucune formation dans le domaine. C’est en observant mes collègues que j’ai appris à animer un groupe. J’ai poursuivi ce stage pendant une année, qui comprenait des évaluations, des animations et des accompagnements de patients.

J’ai ensuite effectué un stage d’un mois à 100% à la Clinique La Métairie, proposé par l’Université de Lausanne dans le cadre de mon master. Ce stage m’a permis de participer à de nombreux entretiens avec des patients. Plus tard, j’ai pris connaissance d’une offre de stage en lien avec l’addiction auprès de la Fondation les Oliviers. J’y ai co-animé un groupe sur la prévention à la rechute, avec un ancien patient qui a souffert par le passé d’addiction. Ce fut une très bonne collaboration, pendant un an, que j’ai malheureusement dû interrompre à cause d’autres engagements professionnels. J’ai ensuite entrepris un MAS en évaluation et intervention psychologique (UNIGE) en parallèle de deux stages: un à la CAAP (Consultation ambulatoire d’addictologie psychiatrique, HUG) et l’autre au CEPP (Centre d’épidémiologie psychiatrique et de psychopathologie, CHUV). Au la CAAP, j’ai effectué des suivis, des animations de groupes et des évaluations. Au CEPP, j’ai fait des évaluations psychopathologiques pour une étude. Ce fut assez complexe de mener deux stages de front, mais j’ai eu la chance d’avoir un grand soutien de la part mon partenaire, tant moral qu’organisationnel!

J’ai ensuite été engagée au CEPP en tant que psychologue indépendante pour mener des entretiens d’évaluation et établir des diagnostiques et évaluations cognitives. En parallèle, je travaillais au Service d’addictologie des HUG, en tant que case manager de transition (unité hospitalière, UTHA) et j’accompagnais des personnes après leur hospitalisation souffrant d’addiction. Ensuite, j’ai été engagée comme psychologue clinicienne. De ce fait, j’ai arrêté mon emploi au CEPP.

Dans ma fonction actuelle, je suis des personnes en psychothérapie, j’anime des groupes, je me renseigne sur les psychopathologies, je supervise des psychologues stagiaires, je donne des formations (au HUG, sur l’entretien motivationnel, les soins et les addictions), je mène des recherches, je donne des conférences, j’anime des ateliers dans d’autres institutions sociales, et je participe à beaucoup de colloques et réunions avec des médecins psychiatres.

Conseils pour les diplômé·e·s

Voici quelques informations pour les étudiant·e·s qui souhaiteraient devenir psychothérapeutes: une spécialisation est indispensable, mais elle a un coût conséquent (entre 30 et 60 mille francs, selon l’orientation et l’approche, étalés sur environ 5 ans). Toutefois le salaire de pré-psychothérapeute permet de subvenir à ses besoins et de payer une telle formation. En moyenne, pour un poste à 100%, le salaire mensuel est de 7000 chf brut (6800 dans le Canton de Vaud et 7500 dans celui de Genève).

Il est vrai que les diplômé·e·s en psychologie sont nombreux et que le marché du travail n’offre proportionnellement pas autant de postes de psychologues ou psychothérapeutes. Toutefois, dans mon entourage, tous les diplômé·e·s en psychologie ont pu trouver un emploi, plus au moins proche du domaine de notre formation - naturopathe, cadre CFF, directrice d’école, employé RH, formateur pour adultes etc.

J’ajouterais qu’au début de mon activité professionnelle, j’avais le sentiment que mes études ne m’avaient pas servi à grand chose. Mais j’ai par la suite pris conscience des connaissances et compétences utiles acquises: développement de l’esprit critique, de la capacité à rechercher de l’information, d’analyse d’une situation dans sa globalité, d’aisance rédactionnelle, d’aptitude à parler en public, à travailler en groupe.

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