Elise Nardin, conseillère en relations économiques bilatérales pour les pays de l'Asie du Sud et l'Océanie, Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO)

Qu’avez-vous étudié à l’UNIL ?

Après un bref passage dans la faculté des Lettres, où j’avais choisi les sciences sociales parmi mes disciplines, j’ai décidé d’étudier les sciences sociales en SSP. J’aurais aimé y ajouter une mineure en économie, ce qui n’était pas possible. J’ai gardé cet intérêt, en me disant que je pourrais étudier cette branche plus tard. J’ai passé la troisième année du Bachelor à la University of British Columbia, à Vancouver, où j’ai suivi des cours en sciences politiques, en psychologie sociale, ou encore en anthropologie. J’ai beaucoup apprécié la découverte d’une autre façon d’étudier, la pédagogie étant très différente, plus participative. J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à vivre là-bas.

Au moment de choisir un Master, j’ai opté pour le Master en politique et management publics, orientation finance et économie publiques. J’ai rédigé mon mémoire en anglais. Il portait sur la gouvernance des politiques de promotion économique fédérales et cantonales, et sur l’interface entre Switzerland Global Enterprise (SGE, ancien Osec) et les agences de promotion subnationales et cantonales. Dans le cadre de ce mémoire, j’ai effectué un stage au Consulat général de Suisse à New York pour SGE Switzerland Global Enterprise (qui a pour mandat de promouvoir les exportations et de faire rayonner la place économique suisse).

Qu’avez-vous fait en sortant des études ?

J’ai envoyé quelques offres spontanées. J’avais eu connaissance de la création du Greater Geneva Berne area, et je leur ai proposé de participer au lancement de leur communication – ce que j’ai fait durant 6 mois. J’avais envie de travailler en Suisse allemande ; j’ai trouvé un poste à la Greater Zurich Area, l’agence de promotion de la place économique zurichoise. Il s’agissait également de promotion économique et de conseil à des sociétés. Lors de cette expérience, je me suis notamment intéressée à la scène startup et créative locale. J’ai étoffé mon réseau dans ce monde-là également, ce qui m’a rendu service par la suite. C’était plutôt gratifiant de constater que l’on me percevait comme une personne ressource pertinente dans le domaine. J’ai ensuite décroché un emploi auprès d’une fondation qui promeut la santé chez les jeunes au travers de sports freestyle. J’étais basée à Zurich, et je développais les projets pour la Suisse romande ; un vrai plongeon dans la culture suisse-alémanique. Je me suis d’ailleurs liée d’amitié avec une collègue qui m’a encouragé à apprendre à parler le suisse-allemand.

Ensuite, toujours passionnée par les questions de promotion économique, j’ai décidé de mener une enquête indépendante sur l’état de la promotion des industries créatives en Suisse, et plus particulièrement celui du design. Pour ce faire, j’ai analysé le paysage existant, mené des interviews, et rédigé un rapport. En parallèle, j’ai réalisé un projet artistique personnel : j’ai réalisé des interviews vidéos et je me suis occupée de la communication de ce projet. Comme souvent dans ce type d’activités, le financement est difficile, j’ai donc repris le chemin des postulations.

Quel est votre poste actuel ?

Je suis conseillère en relations économiques bilatérales pour les pays de l’Asie du Sud et l’Océanie, au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) à Berne. Mes activités sont assez variées, avec une forte composante de coordination. Je gère les relations entre partenaires gouvernementaux et économiques clés, à travers l’organisation de rencontres officielles, l’analyse de données économiques, et la représentation des intérêts économiques suisses. J’apporte également mon soutien aux entreprises suisses dans leurs affaires, en collaboration avec nos différentes ambassades sur place, en partenariat avec les associations faîtières et l’agence suisse de promotion des exportations – Switzerland Global Enterprise. J’organise et gère des missions économiques pour le Conseiller fédéral en charge de l’Economie, de la Formation et de la Recherche, ainsi que pour la Secrétaire d’Etat à l’économie. Dans notre équipe, les profils sont variés, avec des formations en sciences humaines et économiques. En effet, nous ne sommes pas des experts en économie, mais nous devons comprendre les enjeux économiques et géopolitiques pour avoir une vue d’ensemble et assurer une coordination efficace. Mon travail est souvent irrégulier dans l’année, avec des périodes très chargées, et d’autres où il y a moins de rencontres ou de déplacements à l’étranger à l’agenda.

De façon générale, lorsqu’on travaille pour l’administration fédérale, il faut être conscient que c’est une grande organisation, que les décisions dépendent de plusieurs acteurs, qu’elles prennent donc du temps, et qu’il y a des procédures à respecter. Les compétences appréciées sont entre autres la loyauté, la diplomatie, la patience, la compréhension écrite et orale de l’allemand, outre les connaissances spécifiques à un sujet et/ou la connaissance d’un partenaire du réseau de l’office en question.

Quels conseils pourriez-vous donner ?

Pour ceux qui en ont la possibilité : effectuez un échange ou un stage à l’étranger (ou en Suisse allemande !), ceci permet de se différencier dans un processus de recrutement, et d’ouvrir votre champ des possibles. Etre bénévole pour une cause qui nous tient à cœur. J’ajouterais qu’après l’obtention du diplôme, il est important d’éviter les périodes d’inactivités sur le CV.

J’ai l’impression qu’en Suisse on pourrait faire preuve de plus d’initiative dans la prise de contact, être plus ambitieux et audacieux. Pour l’anecdote, je ne pensais pas qu’un email envoyé à l’UNIL à mon retour d’échange proposant mes services de mise sous pli ou de garde de moutons du campus (j’étais prête à tout), déboucherait sur un poste d’assistante-étudiante à la Direction pendant 2 ans. J’ai affiné cette capacité durant mes séjours en Amérique du Nord et les réactions ont toujours été positives. N’hésitez pas à tenter d’établir un contact, de formuler une demande ! Du moment que la forme y est, les résultats peuvent être surprenants !

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