Flavio Cazzaro, adjoint de la faculté HEC, ex-délégué CICR

En quelques mots, quel est votre parcours ?

J’ai obtenu une maturité à 18 ans, et j’ai décidé de voyager avant d’entreprendre des études. J’ai voyagé dans divers continents pendant 2 ans. J’ai ensuite fait des études en Lettres, où j’ai choisi le français médiéval et les sciences des religions comme disciplines – ce qui m’a passionné ! En parallèle à mes études, j’ai travaillé durant 4 ans à l’IMD, à 50%. Je m’occupais notamment de la gestion des demandes d’inscription et d’information au programme MBA. J’ai obtenu ma licence en 2003. J’ai tout de suite été engagé à la faculté des HEC en tant qu’assistant pour un contrat d’un an. Je suis ensuite parti 9 mois en Nouvelle-Zélande. A mon retour, j’ai cherché un emploi pendant 2 ans. Persuadé que mes expériences précédentes feraient la différence avec d’autres candidats, il manquait visiblement une ou des cibles professionnelles définies dans mes postulations. Je n’avais non plus été formé aux techniques de recherches d’emploi, comme la préparation des entretiens (comme les ateliers du SOC, par exemple).

Après une longue réflexion, et aussi parce que c’est une tradition dans la famille, j’ai décidé de partir en mission pour le CICR. Après plusieurs années d’expériences, de retour en Suisse, j’ai été engagé au Centre funéraire de la Ville de Lausanne – poste que j’ai occupé durant un an. J’ai réalisé que cet environnement ne me convenait pas, d’où mon engagement actuel en tant qu’adjoint à la faculté des HEC. Dans le cadre de mon poste actuel, la nature de mes dossiers est très variée, de nombreuses personnes doivent être consultées et coordonnées pour que les projets et résolution de problématiques avancent. Cela me stimule beaucoup et me correspond.

Parlez-nous de votre expérience au CICR :

J’ai postulé dans cette organisation car je recherchais un engagement international dans un cadre professionnel, qui offrait une certaine légitimité sur le terrain. J’ai été affecté en Palestine, au Darfour, en Afghanistan, au Pakistan. Chaque mission comprend des difficultés particulières. Par exemple, dans certaines villes, le confinement restreignait les lieux de vie au bureau et à la maison, avec parfois un transport obligatoire entre les deux – ce qui rend le quotidien difficile. Les différentes cultures demandent un long temps d’adaptation, ou en tous cas d’adaptation dans une certaine mesure. Même après douze mois de mission dans un pays, les spécificités culturelles ne sont pas toutes connues !

Outre la connaissance des zones dans lesquelles on travaille, les fonctions occupées permettent d’acquérir beaucoup de compétences en peu de temps. En effet, de grandes responsabilités sont confiées aux délégués dès le début de leur engagement. J’ai été responsable de plusieurs dizaines de personnes – ce qui ne me serait pas arrivé aussi vite dans un poste ne Suisse, à ce stade de mon parcours. En termes de compétences originales, j’ai été formé au « dead body management », j’ai malheureusement eu l’occasion de la mettre en pratique. C’est cette expérience qui m’a permis par la suite de postuler au Centre funéraire.

Je dirais que de façon générale, il faut bien réfléchir avant de s’engager. Le prix à payer pour cette expérience exceptionnelle peut être lourd. La nature du travail ne permet pas d’avoir une vie de famille les premières années. En outre, le milieu de l’humanitaire est devenu très concurrentiel. La tendance est à l’engagement de personnel local, et à la diminution d’expatriés – quelle que soit l’ONG. Enfin, le retour en Suisse, la quête d’un nouvel équilibre, d’un nouvel emploi ne sont pas des aspects simples. Les délégués n’anticipent pas toujours suffisamment le retour. Je dirais qu’il faut savoir entrer dans l’humanitaire, et savoir en sortir ! Pour ma part, je suis heureux d’avoir décroché un poste où les activités sont variées, où je suis en contact avec les étudiants, et où les défis sont nombreux.

Quels seraient vos conseils ?

Pendant les études, il faut préparer la suite, en se renseignant sur les débouchés, les façons de postuler, etc. En sortant de l’Université, on a souvent de la peine à formuler les compétences que l’on a développées pendant ses études ou dans le cadre d’autres activités. Ce qui n’aide pas à renforcer la confiance en soi ! On sous-estime aussi la concurrence, on ne personnalise pas suffisamment ses dossiers de candidature. Sans forcément avoir un plan de carrière tout tracé, on peut s’informer et utiliser les services existants pour être plus efficace.

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Pour aller plus loin

Comité international de la Croix-Rouge

www.icrc.org

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