Philippe Ranc, responsable régional à l'Armée du Salut - brocante.ch

Qu'avez-vous étudié à l'UNIL?

Je m’étais inscrit en médecine, puisque j’avais depuis très jeune le rêve de devenir médecin de campagne. A l’armée j’étais sanitaire. Mais peu de temps après la rentrée, j’ai réalisé que cette filière ne me convenait pas. Je suis allé suivre des cours en lettres, et j’ai choisi d’étudier les langues et civilisations slaves, l’histoire et la science politique – dans l’optique de devenir journaliste. Pour compléter mes études avec des expériences pratiques, j’ai rejoint L’Auditoire (j’y ai collaboré deux ans), l’association des étudiants en Lettres, et j’ai écrit des piges pour 24 Heures. Durant la dernière année d’études à l’UNIL, j’ai effectué des remplacements dans des écoles secondaires. Pour mon mémoire, j’ai choisi de traiter de l’histoire orale en Russie, j’ai voyagé là-bas à plusieurs reprises, et le travail de mémoire m’a apporté beaucoup de plaisir.

Qu'avez-vous fait en sortant des études?

Il se trouve que l’école dans laquelle j’effectuais des remplacements cherchait à compléter le 50% d’un maître de classe, et j’ai été pris pour ce contrat. J’ai enseigné durant deux ans, sans forcément avoir la vocation pour ce métier. Le contact avec les adolescents était excellent, mais je n’étais pas motivé à poursuivre ma carrière dans ce secteur – raison pour laquelle je n’ai pas souhaité entreprendre la formation pédagogique requise pour pouvoir se stabiliser dans cette fonction. Je n’avais de plus pas le nombre de branches enseignables requis pour entrer à la HEP.

En parallèle, j’avais fait des recherches de stages RP en journalisme. Les conditions étaient difficiles et j’ai fait le choix de ne pas poursuivre cette voie. J’avais depuis longtemps envie de travailler à l’étranger, de voyager. Je suis donc parti huit mois avec ma femme au Burkina Faso. J’ai participé à la mise sur pied d’un projet de façon bénévole. J’ai beaucoup appris sur la culture et la façon de travailler locales. Je voyais également cette expérience comme une corde supplémentaire à mon arc. Le retour n’a pas été simple, tant du point de vue de la recherche d’empois que des démarches administratives.

J’ai décroché un poste de coordinateur event à Montreux-Vevey Tourisme. L’employeur avait déduit de mon parcours que je serais capable de faire collaborer différents partenaires, qu’il fallait rassembler autour d’un projet commun régional. Ma mission consistait à coordonner tous les événements de l’année. Il s’agissait d’un nouveau poste, ce qui m’a permis de créer beaucoup d’activités, de faire évoluer le cahier des charges, et d’avoir davantage de tâches inhérentes à la communication. C’est dans ce cadre que la marque « Montreux Riviera » est née. J’ai occupé ce poste durant 5 ans, où j’ai eu l’occasion d’élargir mon réseau de façon significative.

Quel est votre poste actuel?

En cherchant mon poste suivant, j’ai répondu à une annonce de «responsable romand des brocantes de l’Armée du Salut». Je ne correspondais pas tout à fait au profil demandé, qui comportait des exigences telles que des études en économie et de très bonnes connaissances en allemand - mais j’ai été invité à un entretien. L’entretien a eu lieu en allemand, et sur le moment, je n’étais pas sûr d’avoir convaincu mes interlocuteurs. Le responsable qui m’a reçu a apprécié mes apprentissages en Afrique (notamment la débrouillardise), étant lui-même passionné par ce continent. Mon bénévolat a donc joué un rôle certain dans ce processus de sélection. Ainsi, je suis responsable romand des brocantes. Il s’agit de développer, coordonner et structurer ce secteur. Mon poste est situé entre la Direction et les gérants. C’est un rôle très diversifié et qui implique pas mal de déplacements. Il me permet également de pratiquer l’allemand avec les collègues suisse-allemands.

Je peux dire que mon parcours illustre bien ce qu’on entend par «généraliste»: j’ai toute une série de compétences transférables, comme la capacité à naviguer dans divers secteurs, apprendre rapidement. Si ce n’est pas évident de trouver un emploi à chaque étape, d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Je trouve important de ne pas rester fixé sur un projet, d’être proactif, de cultiver son réseau et faire confiance aux opportunités qui se présentent dans la vie!

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