Sébastien Lévy, ingénieur en charge de la prévention des dangers naturels

Etudes et parcours

Après mon Bachelor en sciences de l’environnement, j’ai suivi le Master avec spécialisation en analyse et monitoring des risques naturels. Mon travail de mémoire s’est porté sur l’étude morphologique d’une rivière au Canada, pour lequel j’ai eu l’occasion de partir sur le terrain pendant deux mois.

Mon Master en poche, j’ai fait une offre spontanée à l’une des responsables du Service des forêts (intégré aujourd’hui à la Direction générale de l’environnement) que j’avais pu rencontrer lors d’un camp de Master où plusieurs responsables du domaine avaient été invités. J’avais eu un bon contact avec elle, raison pour laquelle je me suis lancé, et ma démarche a été positive. J’ai d’abord occupé un poste d’auxiliaire pour la gestion des dangers naturels pendant 5 mois. Ensuite, pendant une année et demi, j’ai continué à travailler à des taux variables (entre 20% et 80%) à un poste finalement peu stable mais qui m’a permis de toucher à plusieurs sujets et domaines différents. J’ai beaucoup appris sur le tas pendant cette période.

Mes recherches d’un emploi fixe m’ont amené à travailler sur un mandat pendant un mois dans un bureau privé de géologie en Valais. Après avoir repris un poste à temps partiel au Service des forêts pendant quelques temps, j’ai obtenu un premier emploi fixe dans un bureau privé de gestion des déchets, ce qui n’était a priori pas mon domaine d’intérêt premier. J’ai néanmoins appris beaucoup de choses et j’ai ainsi pu élargir mon éventail de connaissances liées à l’environnement, à la durabilité ou encore au domaine de la construction, thèmes que je n’avais finalement que peu exploré jusqu’alors.

Quelques mois plus tard, le Service des forêts m’a recontacté pour me proposer le poste d’une personne qui s’en allait. Bien que j’occupais un poste fixe, j’ai choisi de retourner dans le domaine de la prévention des dangers naturels, car cela correspondait davantage à mes intérêts professionnels. Depuis, j’ai eu l’occasion de suivre plusieurs formations continues dans le domaine des dangers naturels mais également de la forêt.

Mon parcours peut donc sembler quelque peu compliqué, mais je dirais qu’il s’agit d’un enchaînements d’opportunités, que j’ai su saisir avec suffisamment d’ouverture d’esprit pour être apte à élargir mes connaissances et à m’adapter à différents contextes professionnels.

Fonction et pratique professionnelle

Je suis en charge de la mise en œuvre de la gestion intégrée des risques. Il s’agit concrètement d’identifier les zones à risques, soit un endroit où un processus naturel potentiellement dangereux (avalanche, glissement de terrain, etc.) se combine avec l’activité humaine, pour ensuite agir afin que la société ne soit pas exposées à des risques inacceptables.

La gestion des risques se divise en cinq étapes cycliques : la prévention, la préparation de l’intervention, l’intervention en elle-même, la remise en état après le sinistre et les conclusions à tirer de l’expérience. Personnellement, je suis centré sur les deux premières étapes du processus. Il existe différentes sortes de mesures de prévention : mesures techniques (p. ex. digues de protection, filets contre les chutes de pierres, etc.), aménagement du territoire (p. ex. zones à classer ou déclasser pour la construction), mesures biologiques (p. ex. création et entretien d’forêt) ou organisation (p. ex. création d’un service d’alerte pour les avalanches). Une partie de mon travail consiste à accompagner des projets de création de mesures techniques de protection, lorsque toutes les autres mesures ne suffisent plus à ramener les risques à un niveau acceptable.

J’essaie toujours d’aller sur le terrain pour me rendre compte par moi-même des risques et des mesures à prendre. Savoir qu’un bloc de rocher de 20 mètres cubes menace une route est une chose, mais l’avoir devant ses yeux en est une autre (même si avec l’expérience, on peut se faire une idée de sa taille. C’est l’un des points forts de la formation en géosciences à l’UNIL : nous apprenons beaucoup à travailler à l’extérieur et à avoir une vision plus réaliste que si l’on reste dans un bureau à se baser uniquement sur des cartes et des photos.

En plus des compétences techniques (analyse des dangers, statistiques et géomatique), ma formation m’a apporté les compétences et les connaissances nécessaires pour travailler dans une équipe multidisciplinaire. En effet, nous sommes très souvent en contact avec des juristes, des acteurs de la finance, des géologues, etc. et il faut pouvoir comprendre les attentes et le discours de chacun.

Compétences requises et conseils

Travailler dans l’environnement, c’est travailler dans un domaine où l’incertitude est encore importante : la nature est par définition incertaine. Même si la formation et les métiers commencent à se faire connaître, il faut être prêt à rester dans une dynamique d’apprentissage en sortant des études. Cinq ans ne suffisent pas pour tout connaître dans ce domaine. Suivez vos envies, surtout pour le travail de mémoire qui constitue souvent une véritable carte de visite pour les employeurs. En effet, le cursus d’études reste généraliste et ce n’est pas toujours évident de se rendre compte du profil d’un candidat ; le sujet du mémoire est souvent plus parlant que le diplôme en soi.

Au-delà des compétences spécifiques, il faut également être à l’aise dans la communication écrite, car je suis très souvent amené à rédiger des emails, des lettres ou d’autres supports écrits lorsque je suis en contact avec des communes, des privés ou des bureaux d’ingénieurs. Il faut être efficace et structuré tant dans votre manière d’écrire que dans votre manière de travailler.

Il faut rester ouvert d’esprit et ne pas avoir peur de répondre à des offres d’emploi très différentes. C’est l’un des avantages du cursus en sciences de l’environnement : vous aurez certes un profil généraliste mais vous saurez vous intégrer dans une multitude de contextes professionnels liés à l’environnement : gestion des déchets, aménagement du territoire ou gestion des risques naturels n’en sont que quelques exemples. Dernier conseil, ciblez vos dossiers de candidature pour chaque poste que vous visez : il n’y a rien de plus flagrant qu’une lettre standard, ce qui ne donnera pas envie de vous inviter pour un entretien !

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