Me Valentin Groslimond, avocat au barreau

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À la fin de ma maturité gymnasiale, j’hésitais entre deux orientations, le droit ou la psychiatrie. Ce qui m’intéressait à ce moment-là et aujourd’hui encore, c’était d’avoir un métier social, où l’être humain était au centre de mon travail. Etant plutôt littéraire que scientifique, j’ai opté pour le droit.

 

Mon entourage m’a aussi convaincu que cette formation permettrait une pluralité de fonctions en tant que juriste ou avocat. J’ai ainsi passé mes cinq années d’études à l’Université de Lausanne, avec un Bachelor en droit suisse puis un Master en droit, mention Magistrature (remplacé depuis par le Master en Droit en professions judiciaires).

 

Six mois après le début de mon Master, soit plus d’un an et demi avant la fin de mes études, j’ai débuté mes recherches pour trouver une place afin d’effectuer mon stage d’avocat, car il me paraissait essentiel d’obtenir le brevet d’avocat pour la suite de ma carrière professionnelle.

 

J’ai effectué une cinquantaine de postulations, qui ont débouché sur énormément de refus et à peine deux entretiens, la plupart des études d’avocat ayant déjà engagé leur stagiaire pour les deux ans à venir. Certaines avaient même déjà attribué la place de stage à une personne pour la période de stage suivante. D’autres études d’avocats m’ont demandé de patienter et ont gardé mon dossier en attente. J’ai ainsi mis de côté ce projet professionnel momentanément.

 

Voulant absolument gagner en expérience professionnelle, j’ai alors recherché un emploi de juriste ou de greffier. J’ai ainsi été engagé à l’Etat de Vaud en qualité de juriste et d’inspecteur du marché du travail. Ma mission était de faire respecter la loi sur le travail et ses ordonnances d’application, qui protègent les conditions de travail des travailleuses et travailleurs, c’est-à-dire lutter contre le travail au noir et s’assurer de la sécurité des employé·e·s. Cela impliquait d’aller voir les entreprises sur leur lieu d’activité afin de m’assurer notamment que les employeur·euse·s n’engageaient pas des personnes sans papier et sans permis de travail et qu’ils respectaient les règles de sécurité.

 

C’est un emploi qui m’a confronté à des situations complexes, car un inspecteur n’est que rarement le bienvenu lorsqu’il arrive à l’improviste dans une entreprise. Cette première expérience m’a ainsi appris à développer ma confiance en moi et en mes connaissances juridiques, à négocier et à tenir des dossiers juridiques.

 

J’ai finalement trouvé une place de stage d’avocat à Vevey, au sein de l’étude d’avocats Etter & Seeger, sous la supervision de Me Cornalia Seeger Tappy. Il s’agissait de l’une des postulations dont j’attendais encore un retour.  Je n’ai pas hésité une seconde et j’ai accepté la place de stage qui m’était proposée.

 

J’ai ainsi passé un peu plus de deux ans dans cette étude, où j’ai traité une grande variété de cas. Mon travail comprenait toutes les tâches d’un avocat (conseils juridiques, recherches juridiques, rencontre avec les clients·e·s, préparation de la stratégie, assistance et représentation des clients en justice devant les tribunaux, plaidoiries, etc.), à la seule différence que j’étais supervisé, conseillé et corrigé par ma maître de stage, Me Cornalia Seeger Tappy.

 

Ces deux ans de stage m’ont bien préparé à l’examen du brevet d’avocat, car j’avais pu traiter une multitude de cas, pratiquant ainsi énormément de domaines juridiques différents.

 

Une fois mon stage d’avocat terminé, pour optimiser mes chances de passer les examens du barreau (quatre écrits et un oral) organisés par le Tribunal cantonal vaudois en vue d’obtenir mon brevet d’avocat, j’ai passé deux mois à temps plein à réviser ce que j’avais appris en stage et à reprendre mes cours de l’UNIL, pour me rafraîchir la mémoire et revoir les bases du droit. Grâce à la qualité de la formation reçue en stage et à mes révisions, j’ai réussi mes examens du barreau du premier coup et ai obtenu mon brevet d’avocat en février 2015.

 

À la fin de mon stage, des discussions ont eu lieu avec les deux associés de l’étude, Me Etter et Me Seeger Tappy, pour que je les rejoigne en tant qu’associé, ce qui était mon souhait. Toutefois, cela ne s’est pas fait, notamment pour des raisons de place, les locaux de l’étude étant trop petits pour m’accueillir en tant que nouvel associé.

 

J’aurais à ce moment-là également pu me lancer en tant qu’avocat indépendant et créer ma propre étude, mais j’ai préféré développer mon expérience professionnelle en étant salarié, et me suis mis à la recherche d’un emploi dans le domaine juridique. J’ai repoussé mon rêve d’être un jour avocat indépendant à plus tard.

 

J’ai ainsi décroché un emploi auprès de Protekta Assurance de protection juridique SA en tant qu’avocat. J’étais ainsi avocat pour les clients de la protection juridique, mais également pour les clients de l’assurance La Mobilière, détentrice de cette assurance de protection juridique. Cette double clientèle m’a apporté de nombreuses compétences. J’ai appris à travailler rapidement et avec efficacité. Je devais donner une réponse rapide aux clients, idéalement dans les trois jours, et recevais chaque jour de nouveaux cas à traiter. L’objectif était de régler la majorité des cas à l’amiable, car comme le dit le dicton, « un mauvais arrangement vaut toujours mieux qu’un bon procès ». Si cela n’était pas possible, je transmettais alors le cas à un avocat indépendant, inscrit au barreau, qui lui reprenait le dossier et le traitait au tribunal. Je recevais en retour les décisions du tribunal, ce qui m’a permis d’en apprendre beaucoup sur la défense des assuré·e·s.

 

Depuis décembre 2018, j’ai créé mon étude d’avocat à Vevey et je pratique en tant qu’avocat indépendant, inscrit au barreau. Les demandes de mes client·e·s évoluent de jour en jour, et à ce stade elles concernent essentiellement des questions de droit du travail, du bail et de la famille, ce qui correspond aux besoins de la vie quotidienne des citoyens et citoyennes.

Je suis également appelé à être « avocat de la première heure » qui est une forme de permanence juridique en droit pénal pour les personnes prévenues qui ont le droit d’être assistées par un·e avocat·e dès le premier interrogatoire de la police suite à leur arrestation.

Conseils aux étudiant·e·s et diplômé·e·s

Mon premier conseil serait d’évoluer dans son parcours académique et professionnel en prenant les choses étape par étape : quand on débute ses études, il vient un premier temps où l’on prend conscience de la réalité de la formation (qui est souvent autre que l’image que nous nous en faisons tant que nous sommes au gymnase). À ce moment-là il est important de se demander si le domaine nous plaît vraiment, s’il va nous amener au métier souhaité, quelles seront les difficultés à surpasser pour l’atteindre, quelles sont les autres possibilités, etc.

 

Je trouve qu’il est important de garder une certaine flexibilité dans son choix d’études ou de carrière et d’être conscient·e que celui-ci peut changer en raison de différents facteurs (intérêts, motivations, réalités, difficultés, etc.).

 

Durant le Bachelor, il n’y a que très peu de cours à option, il n’y a donc que peu de questions à se poser sur ses envies en matière de cours à suivre, l’immense majorité des cours étant imposés et obligatoires.

 

Ensuite vient le moment du Master, qui demande une réflexion d’autant plus conséquente sur sa carrière professionnelle. Pour cela il est important de bien se renseigner déjà sur le contenu du Master (auprès du conseiller ou de la conseillère aux études, auprès du Service d’orientation et carrières, notamment par le biais de la Journée des Masters), mais aussi de faire des stages d’observation dans des entreprises, des études d’avocats ou des tribunaux, de parler avec des professionnelle·le·s dès que l’occasion se présente.

 

Aujourd’hui, sur le marché du travail, le brevet d’avocat a une grande valeur. Les chances de décrocher une bonne place de travail augmentent pour les juristes qui sont titulaires du brevet d’avocat.

 

Aussi, si le but est de faire son stage d’avocat après l’obtention du Master, mon conseil est très simple : il faut commencer à postuler déjà durant le Master, car les places sont limitées et il y a beaucoup d’étudiant·e·s qui souhaitent faire leur stage d’avocat. Si malheureusement les étudiant·e·s ne trouvent pas une place de stage directement après leur Master, il ne faut pas se décourager et chercher en parallèle une place de juriste ou de greffier·ère, afin d’accumuler de l’expérience et augmenter ses chances de trouver ensuite une place de stage d’avocat.

 

J’ai récemment participé aux Rencontres Carrières de l’UNIL et pu noter que certain·e·s étudiant·e·s n’avait pas du tout d’idée de projet professionnel, d’autres oui, certaines très spécifiques, d’autres moins. Dans tous les cas, échanger avec des professionnel·le·s permet de confronter son projet, définir sa faisabilité, les étapes pour y arriver, recevoir des conseils, et si l’on a pas de projet, de rapidement se rendre compte que le marché de l’emploi attend des universitaires qu’ils se soient projetés sur un métier, une fonction ou au moins un secteur professionnel. Ainsi faire le point régulièrement, à différentes étapes de son parcours, permet de prendre conscience des réalités et rebondir rapidement.

 

Mon deuxième conseil est celui d’apprendre ou d’améliorer son allemand. La partie francophone de la Suisse est très petite et en tant qu’avocat en Suisse romande je reçois régulièrement des demandes de client·e·s pour des cas qui seront traités en allemand dans des tribunaux en Suisse allemande.

 

Mon niveau d’allemand ne me permettant pas de m’occuper de ces affaires de manière optimale, je renvoie ces client·e·s vers des avocat·e·s bilingues. Toutefois, pas de panique, mon agenda est bien assez rempli par des cas qui seront traités en français !

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